Pourquoi ce site

Nous voulons que les conditions de travail soient adaptées avant qu’il y ait des morts

Clients Solidaires est un projet citoyen. Il ne remplace pas l’inspection du travail et n’a aucun pouvoir de police. Il rend visible ce que les clients constatent.

Ce qui a déclenché ce projet

Pendant les canicules de l’été 2026, nous avons continué à acheter du pain, des pizzas, des sandwichs. Derrière les comptoirs, des personnes travaillaient debout, près d’un four ou d’une plancha, dans des locaux que personne n’avait adaptés. Nous sommes repartis avec notre achat et un malaise : nous venions de payer pour quelque chose que nous n’aurions pas accepté de vivre.

Les vagues de chaleur ne sont pas un accident isolé. Un local mal isolé, sans ventilation ni point d’eau, était inconfortable ; il devient dangereux. Adapter un local prend des mois et de l’argent, et rien ne pousse un employeur à s’y mettre tant que personne ne regarde.

Ce n’est pas que la chaleur. Le même angle mort existe pour des locaux insalubres, des postes sans protection, des pressions ou des humiliations visibles depuis le comptoir. Ce site sert à ça : faire en sorte que quelqu’un regarde, et que ce soit documenté.

Le témoin, c’est le client

C’est le point de départ du projet, et sa seule vraie originalité. Un salarié qui décrit ses conditions de travail met en jeu son emploi, son ambiance d’équipe et parfois son logement. C’est pour cette raison que tant de situations ne sortent jamais.

Le client, lui, ne risque rien. Il entre, il attend sa commande, et il voit : la chaleur qui frappe en passant la porte, un sol glissant, une machine sans protection, une personne humiliée devant la file. Il n’a pas besoin d’être expert : il lui suffit de décrire ce qu’il a vu, et à quelle heure.

C’est pourquoi le formulaire ne demande aucun compte, et pourquoi l’anonymat est la valeur par défaut. Nous ne voulons pas savoir qui vous êtes.

Accepteriez-vous de travailler dans un local dangereux, sans protection, sous les insultes, ou dans une chaleur étouffante — sans que personne ne le voie ?

Non ? Alors décrivez ce que vous avez vu.

Ce que l’on peut signaler

Chaque constat porte sur un établissement et une nature de situation, pas sur une personne.

Sur l’accueil, des faits de presse et des chiffres officiels rappellent que ces conditions tuent déjà.

Ces conditions de travail tuent déjà

  • Chaleur ou froid excessifs

    Locaux trop chauds (four, cuisine, salle) ou trop froids, sans moyen réel de se protéger.

  • Locaux dangereux ou insalubres

    Humidité, électricité, sol glissant, ventilation, nuisibles, état des locaux.

  • Sécurité au poste de travail

    Machines non protégées, protections absentes, issues / extincteurs, risque de blessure.

  • Pressions, insultes, harcèlement

    Intimidations, humiliations, harcèlement. Ne citez pas de nom de personne.

  • Autre situation

    Non couverte par les autres choix.

Exemples types, pour se représenter un constat

Ce ne sont pas des signalements reçus. Ce sont des situations qu’un client peut décrire sans nommer personne.

  • Toilettes inutilisables, sans savon, dans un restaurant.
  • Personne au four depuis le début du service, sans pause visible.
  • Produits d’entretien manipulés sans gants ni protection.

Ce n’est pas une opinion, c’est un texte en vigueur

Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 concerne les épisodes de chaleur intense. Ce n’est pas un texte « toutes conditions de travail ». Pour la chaleur, l’employeur a désormais des obligations écrites, datées et vérifiables.

Depuis le 1er juillet 2025, ce n’est plus une opinion

Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 a créé les articles R. 4463-1 à R. 4463-8 du code du travail. Ce que le site décrit n’est donc pas une préférence morale, c’est un écart mesurable avec un texte en vigueur.

  • L’employeur évalue le risque lié à l’exposition à des épisodes de chaleur intense, en intérieur comme en extérieur, et inscrit les mesures au document unique d’évaluation des risques professionnels (article R. 4463-2).
  • Un « épisode de chaleur intense » commence dès la vigilance jaune de Météo-France, puis orange et rouge (article R. 4463-1 et arrêté du 27 mai 2025).
  • Les mesures attendues sont énumérées : adaptation de l’organisation du travail et des horaires afin de prévoir des périodes de repos, moyens techniques contre le rayonnement solaire et l’accumulation de chaleur, augmentation de l’eau potable fraîche, information et formation des salariés (article R. 4463-3).
  • L’eau potable fraîche doit être fournie en quantité suffisante, avec un moyen de la maintenir au frais à proximité des postes (article R. 4463-4).
  • Pendant l’épisode, les mesures doivent être effectivement mises en œuvre et adaptées si la chaleur s’intensifie (article R. 4463-7).
  • L’inspection du travail peut mettre l’employeur en demeure, avec un délai d’exécution minimum de huit jours (tableau de l’article R. 4721-5), avant de dresser procès-verbal (article L. 4721-4).

Lire le décret sur Légifrance

Les autres constats — locaux, sécurité au poste, pressions — relèvent aussi du code du travail. Cette plateforme ne dit pas qu’une infraction est établie. Pour saisir l’administration vous-même, voyez l’orientation vers l’inspection du travail.

Nous n’écrivons nulle part qu’un établissement précis viole ces articles : nous n’avons ni les moyens ni la légitimité de le constater. Nous publions des constats de clients, et nous laissons l’administration qualifier.

Ce que nous faisons de votre signalement

Du constat publié au dossier du 1er mai.

  1. Étape 1 : Vous décrivez ce que vous avez vu

    Sans compte et anonyme par défaut : le lieu, la nature du constat, ce que vous avez observé. Vous pouvez joindre des photos.

  2. Étape 2 : L’équipe examine avant toute publication

    Rien n’est visible tant qu’un modérateur n’a pas relu. Les photos restent privées, votre identité et celle des salariés ne sont jamais publiées.

  3. Étape 3 : Le 1er mai, le dossier groupé part

    Le collectif transmet à l’inspection du travail et aux DREETS les dossiers des établissements les plus signalés : constats publiés et preuves restées privées.

Ce que ce site ne fait pas

  • Il ne nomme pas de personnes. Ni salarié, ni manager, ni propriétaire. Les signalements qui citent un nom sont retirés.
  • Il ne publie aucune photographie. Les preuves envoyées restent sur un disque privé, hors du web, consultables par la seule équipe de modération.
  • Il ne dit pas qu’une infraction est établie. Un compteur de signalements publiés n’est pas un procès-verbal. Il ne juge ni ne condamne un établissement : seule l’administration peut qualifier.
  • Il n’est pas un réseau social, ni un site d’avis. On ne peut ni commenter, ni noter, ni répondre.
  • Il n’est pas un dispositif d’urgence. En cas de danger immédiat pour une personne, ce sont les secours qu’il faut appeler.

Et si un établissement change ?

C’est le but. Le responsable d’un établissement signalé peut montrer ce qui a changé : un texte, des photos du dispositif, un e-mail professionnel. L’équipe examine. Si le dossier est retenu, l’enseigne est remerciée, elle quitte la liste des établissements encore signalés, et ses constats cessent de compter dans le palmarès de l’édition en cours.

Cette mention n’est pas définitive. Un nouveau constat publié après cette date fait revenir l’établissement dans la liste. Ce n’est pas une attestation de conformité au code du travail.

Vous avez vu quelque chose ?

Un constat prend deux minutes, sans compte et sans donner votre identité.

Signaler ce que vous avez vu